Le maire veut réexaminer les communications multilingues

Le maire veut réexaminer les communications multilingues

Le Comité consultatif francophone de la Ville de Toronto (CFVT) a demandé au City Manager (direction générale) de la métropole de réexaminer sa politique de communication avec les citoyens, afin de s’assurer que le français ne soit plus oublié dans les documents multilingues.

Le maire John Tory en a fait lui-même une proposition dans une lettre adressée le 29 janvier au Comité, qui tenait ce jour-là sa première réunion en 9 mois.

Plus de réunions

Cinq des six membres issus de la communauté ont d’ailleurs aussi suggéré que le CFVT se réunisse plus souvent que les deux fois par année prévues dans les statuts.

En 2018, la prochaine réunion du mois de mai est la dernière au calendrier, puisque tous les comités consultatifs communautaires seront dissous en septembre à l’approche des élections de l’automne, pour être reconstitués à l’hiver 2019 pour un nouveau mandat de quatre ans.

Gilles Marchildon, Diane Chaperon-Lor, Ghislain Caron.

Gilles Marchildon co-président

Deux nouveaux membres, René Viau du Centre francophone de Toronto et Ghislain Caron du Théâtre français, rejoignaient Léonie Tchatat de La Passerelle, Diane Chaperon-Lor du Club canadien et Gilles Marchildon de Reflet Salvéo, anciennement de l’ACFO-Toronto, qui a été élu co-président.

Les Centres d’Accueil Héritage ont été invités la semaine dernière seulement à désigner quelqu’un pour siéger au CFVT, suite au départ de sa directrice générale, mais on n’avait pas reçu leur réponse à temps pour cette réunion du 29 janvier.

Langue officielle à respecter

Le conseiller municipal Norm Kelly, qui présidait la réunion, s’est dit d’avis que «le français n’est pas une langue minoritaire, mais bien une langue officielle» et se doit de figurer sur le plus grand nombre de communications de la Ville, surtout quand d’autres langues que l’anglais s’y trouvent.

C’est une question de «respect», dit-il, même si la municipalité n’est pas soumise à la Loi sur les langues officielles du Canada ni à la Loi sur les services en français de l’Ontario.

L’été dernier, les gestionnaires de la métropole – sans consulter le CFVT – ont accordé une plus grande latitude aux divers départements en matière de communication de leurs services ou dans certains quartiers. Résultat: on a recommencé à voir des affiches et dépliants multilingues excluant le français.

Selon M. Kelly, la recommandation du maire de soumettre l’affaire au Comité exécutif, si le City Manager se traîne les pieds, est un signe qu’il prend l’affaire au sérieux: «le Comité exécutif est le plus important de tous les comités».

René Viau, Léonie Tchatat.

Infractions de stationnement

Le CFVT s’est toutefois contenté de «recevoir» les explications des fonctionnaires municipaux dans l’affaire de la dévolution du processus de contestation des infractions de stationnement de la Cour provinciale (bilingue) à l’administration municipale (où la procédure doit être lancée en anglais, mais où on a droit à un interprète si une audience est accordée).

Gilles Marchildon admet avoir été pris de court: «Je ne m’attendais pas à ce que des fonctionnaires soient présents pour discuter de ça en détail aujourd’hui.» On reviendra peut-être là-dessus à la réunion de mai. Par ailleurs, le Commissariat aux services en français de l’Ontario a ouvert une enquête sur cette dévolution.

Maison et Université

Presque la première moitié des trois heures de la réunion du CFVT a été consacrée aux projets de Maison de la francophonie et d’Université franco-ontarienne, au sujet desquels les responsables municipaux ont paru peu informés.

Norm Kelly proposait que Toronto se porte candidate à accueillir la nouvelle université jusqu’à ce qu’on finisse par lui faire comprendre, à travers la traduction simultanée et les débats bilingues, que la décision a déjà été prise l’automne dernier par le gouvernement provincial… Pourquoi était-ce à l’ordre du jour?

Enfin, le CFVT a adopté des félicitations à Céline Marcoux-Hamade pour son dévouement comme chef des services en français de la Bibliothèque municipale. La semaine dernière, elle recevait les Palmes académiques françaises à l’occasion de son départ à la retraite.